Normandie - croix, collier & pendentifs

Normandie - croix, colliers et pendentifs

Les croix normandes

 

 

La croix bosse
 

En 1801, Mr. Masson Saint-Amand, préfet de l'Eure, a envoyé au nouvel ministre de l'intérieur Jean-Antoine Chaptal son rapport sur l'état du département pour montrer l'évolution depuis la révolution de 1789. ".......Les femmes âgées portent des cornettes très simples; les plus jeunes, et particulièrement celles qui fréquent les marchés des villes, portent des coiffes dont le fond s’élève en pyramide avec grâce au-dessus de la tête, et contre lesquels elles rattachent de longues barbes garnies de dentelles : presque toute, en hiver, ont des capotes à capuchon d’étamine ou camelot noir, doublées le plus souvent d’espagnolette blanche.  Une de leurs parures favorites, qui, dans les traités de mariage, figure avec l’anneau conjugal, c’est une croix d’or avec un cœur attaché à un velours noir, dont elles ornent le cou ; les croix très larges, dans certaines contrées, sont relevées en bosse ou montées en pierreries qu’on tire des environs de Caen, avec divers ornemens (sic) d’un travail particulier."  (1)
 

 


portrait de jeune fille en costume Normand par Jean François Marie Bellier,
elle porte une croix bosse sur chaine jaseron avec pendants d'oreilles
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Les croix bosses normandes, également nommées "croix relevées en bosses" ou croix "à la point de diamant", datent entre 1750 et 1820.  Elles sont souvent très larges (jusqu'a 13cm), creuses et faîtes en or ou en argent repoussé tandis que les coulants, connus sous le nom "coulants brodés", sont agrémentés par des filigranes ou par des reliefs en repoussé imitant les filigranes.  La fonction du coulant est de pouvoir ajuster la hauteur de la croix sans être obligé de défaire le ruban noué derrière le cou.  Toutes les crois bosses ont un décor à base de facettes bien qu'il existe au moins quatre types, tous illustrés ci-dessous.   Trop fragiles, les croix bosses étaient supplantées par les croix de pierres ou croix drilles, plus scintillantes avec leurs strass, puis par les croix de Rouen.  Aujourd'hui, les croix bosse en or datent avant 1820 sont parmis les bijoux régionaux les plus difficiles à trouver.
 

Bien que plusieurs références parlent de croix bosses remplis de plâtre ou de crin de cheval, je n'ai jamais rencontré une seule fourrée ainsi, et je considère que leur existence n'est qu'anecdotique. (4)   Par exemple, aucun exemplaire dans la collection du musée de Martainville n'est fourré.   (Il est à noter que depuis toujours il est interdit en France de fourrer un bijou; la loi exige que le client puisse déterminer le poids exact de métal précieux dans un bijou.  Même un briquet en or doit être construit de façon qu'on puisse glisser le mécanisme hors de l'étui en or sans outils.  Les agents du bureau de garantie de Rouen ont perdu un procès intenté contre un bijoutier de Rouen pour les cônes de ses croix de Rouen fourré et depuis la jurisprudence à accepté le fourrage dans certains cas pour renforcer l'objet.  Mais il est peu probable que les bureaux de garantie acceptent qu'une croix entière soit fourrée).

 

 


grande croix bosse, en or répoussé, type I, circa 1800

petite  croix bosse en or répoussé, type I, vers 1800
   

 

         
grande croix bosse en or repoussé, circa 1800, type I

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


croix bosse normande de type II en or

 

 
croix bosse normande de type III en or

 
 

 

 

 


croix bosse en argent exposée à la musée des
traditions et arts normands, Martainville

 

 


grande croix bosse en or exposée sur marotte
à la musée des traditions et arts normands,
Martainville

 

 

Sur certaines croix bosses le coulant est relié directement à la croix par un anneau et la patte de suspension en forme de fleur de lys est remplacée par un élément rond similaire aux autres éléments mais plus petit (voir les illustrations ci-dessous).  Les éléments sont reliés entre eux par des tubes assez longs et visibles.  Il est probable que ces croix sont des rééditions tardives, car les deux exemples dans le musée des Arts et Traditions Normands de Martainville ainsi que celui en vermeil ci-dessous ont des poinçons utilisés entre 1838 et 1919.  L'exemplaire dans la collection de la musée national des arts et traditions populaires est en argent et assortie d'une paire de pendants d'oreilles et comporte les poinçons de 1838 à 1919 ainsi qu'un différend de Brest.  Elle a été collectée par Lionel Bonnemère avant 1901. (2)  Il y avait un mode en Angleterre de porter des bijoux régionaux français et européens après l'exposition international de Londres de 1872 et il est probable que ces croix ont été rééditées pour le marché anglais et français après cette date par les mêmes fabricants parisiens, normands et bretons qui fournissaient les importateurs anglais en autres bijoux français.  La croix illustrée ci-dessous a même été trouvée dans un écrin anglais.  Le musée Victoria and Albert à Londres possède toute une collection de bijoux paysans acheté lors des expositions internationaux à Londres, y compris des croix bosse.  Dans l'article par Jane Perry (7) on découvre que des ceintures, boucles de ceinture, boutons, bracelets, colliers et broches ont été faits avec la bosse motif pour le marché anglais.

 


varieté de croix bosse type IV avec élement supplémentaire et coulant fixe et ses pendants d'oreilles assortis

 

 

 



 

croix bosse tardive de type IV en vermeil repoussé
 

 

 

 

Bijoux "normands" faits avec éléments de croix bosse

 


collier et deux bracelets en argent avec varieté de croix bosse tardive, type IV

 

 


broche formée avec élements d'une croix bosse, argent

 

 


cinq boutons en argent assortis d'une croix bosse

 

 


agrafe de capot, Normandie, argent, fin 19ème siècle

 

 

 

La quadrille (ou croix drille) ou croix de pierres
 

Les croix de pierres ou croix drilles sont quelquefois appelées quadrilles (surtout autour de Saint Lô). (4)  Leur nom vient de leur méthode de fabrication.  Une matrice est poussée dans un morceau d'os de seiche afin de former une impression creuse.  Ce moule est ensuite noirci avec la flamme d'une bougie pour le protéger et également pour le lisser en réduisant les petites nervures créées par la structure même de l'os.  Deux moules ainsi formés sont attachés ensemble puis le métal en fusion est introduit.  La croix, une fois sortie, est corrigée et ajourée avec un outil appelé drille.  Des petits cônes sont ensuite soudés sur la croix et une fois la structure prête, des pierres en quartz (trouvés près d'Alençon et appelés diamants d'Alençon) (5)) ou en strass (pierres de Rhin) sont serties dans les chatons. 

Les diamants d'Alençon etaient exploités depuis fort longtemps; il y a mention dans Le Romain Comique de Paul Scarron, publié en 1651 - " ...je luy ay fauvé la vie dans Paris aux defpens de deux bons coups d'efpée, & il en a efté fi mefconnoiffant qu'au lieu de me fuivre quand on me porta à quatre chez un Chirurgien, il paffa la nuiet à chercher dans les boues je ne fçay quel bijou de diamans d'Alençon, qu'il difoit que ceux qui nous attaquèrent luy avoient pris." (6)


Les "diamants d'Alençon" étaient trouvés dans les carrières de granite, notamment de Beauséjour, de la Cette, de la Butte du Pont-Percé, de Pont-Percé et de la Galochère, toutes situées sur la commune de Condé-sur-Sarthe proche d'Alençon.  Les carrières de Hertré n'ont pas fourni de diamants, bien qu'elles soient citées par plusieurs auteurs.

 

 


croix drille (quadrille)
ou croix de pierres,
18ème siècle
Normandie, or et strass

croix de pierres
ou croix drille (quadrille)
Normandie, or et strass

quadrille
ou croix de pierres
Normandie, or et strass


 


croix drille ou croix de pierre, or et strass

croix drille ou croix de pierre, or et strass

croix drille ou croix de pierre, or et strass

croix drille ou croix de pierres, Normandie, or et strass

 


croix drille (quadrille) ou croix de pierres, Normandie, or et strass

 

 

Si on regarde attentivement les croix normandes, on remarque une évolution avec le temps car elles deviennent de plus en plus travaillées et agrémentées de plus de strass.  La forme de la croix devient alors très stylisée, à tel point qu'on ne voit presque pas une croix en la croix de Rouen. Si on compare les trois photos ci-dessous, on distingue l'étape intermédiaire entre la croix drille très travaillée à gauche et la petite et précoce croix de Rouen à droite.  La différence la plus notable entre une croix drille et une croix de Rouen, réside dans le fait que pour cette dernière les bijoutiers ont abandonné l'étape de fonte dans un moule pour passer directement à la découpe et au reperçage de la croix dans une plaque d'or. 





croix drille 
ou croix de pierres
Normandie, or et strass


croix de Rouen précoce 
avec son coulant en rose,
Normandie, or et strass
 
croix de Rouen
avec son coulant coeur,
Normandie, or et strass

 

 


croix drille portée par une femme des environs de Coutances
musée des traditions et arts normands, Martainville

 

 

La croix de Rouen

 

Visiteurs à Rouen entre 1820-1880 étaient étonnés de voir les femmes portant les grandes croix de Rouen, spécifiques à la région.  Rouen était la plaque tournante des bijoux et orfèvres en Haute-Normandie à l'époque.  Faite d'une plaque d'or légèrement bombée (pour la rendre plus solide) et ajourée par reperçage, la croix de Rouen est sertie de petits strass.  Habituellement la croix de Rouen était portée, avec son coulant, sur un ruban de velours noir, mais on la trouve quelquefois sur une chaine jaseron.



croix de Rouen avec  son coulant, 
Normandie, or et strass

 croix de Rouen avec son coulant et
son ruban, Normandie, or et strass

croix de Rouen avec  son coulant, 
Normandie, or et strass

croix de Rouen avec son coulant,  Normandie, or et strass

 

 


croix de Rouen, 
or repercé et strass


croix de Rouen, 
or repercé et strass


croix de Rouen tardif,
difficile de distinguer la forme d'une croix!

croix de Rouen tardives, difficile de distinguer la forme d'une croix!

 

 


parure de croix de Rouen avec son coulant et pendants d'oreilles, Normandie, or et strass

 

 


parure de croix de Rouen avec son coulant et pendants d'oreilles, Normandie, or et strass
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croix de Rouen avec son coulant, Normandie, or et strass

 


 croix de Rouen, or repercé et strass

 


croix de Rouen avec son coulant, Normandie, or et strass
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rare croix de Rouen en plaqué or et strass - ces croix sont presque toujours en or, très peu en plaqué or ont survecu

 

 

 

La croix dîte de Saint Lô
 

Les croix dites de Saint Lô étaient portées surtout en basse Normandie, moins prospère que l'haute Normandie, et sont faites en argent serties de strass ou, pour les plus anciennes, avec du quartz des environs d'Alençon. Le nom croix de Saint Lô vient de leur lieu principal de fabrication, bien qu'elles aient été fabriquées dans d'autres villes, et non du lieu où elles étaient portées.  Très similaires aux croix drilles en or, on remarque cependant que les croix de Saint Lô sont agrémentées de strass au centre plus grands et que l'anneau de suspension est caché derrière.  Les coulants sont rares sur les croix de Saint Lô et ont souvent des poinçons différents, prouvant qu'ils étaient achetés plus tard.

 

 

 


croix 18ème siècle en argent et diamants à partir
de laquelle la croix de Saint Lô a pu évoluer

 


croix début 19ème  siècle en argent et diamants à partir
de laquelle la croix de Saint Lô a pu évoluer

 

 

 

 


croix dîte de de Saint Lô, Normandie, argent et strass


croix dîte de de Saint Lô, Normandie, argent et strass


croix dîte de de Saint Lô, Normandie, argent et strass

croix dîte de Saint Lô, Normandie, argent et strass

 


croix de Saint Lô avec son coulant, argent et strass

 

 


  croix de Saint Lô (copie récent)
bijou normand, argent et strass

croix de Saint Lô, argent
et strass rouge et blanc


croix de Saint Lô
bijou normand, argent et strass

 

 

 


croix de Saint Lô avec son coulant, argent et strass

 

 


croix de Saint Lô, argent et strass

 

 

 


Grande croix de Saint Lô en argent et strass
Cette croix a été trouvé dans son écrin d'origine,
dépourvu de place pour loger un coulant

Ecrin pour la croix de Saint Lô illustrée à gauche
carton et cuir

 




La croix de Caen

 

La croix de Caen est très similaire à la croix de Saint Lô, cependant on remarque une forme plus carrée dans le dessin autour du centre de la croix, similaire à la croix drille, et elle est garnie d'un coulant en forme de nœud.  La croix de Caen n'a pas des grandes strasses comme les croix de Saint Lô.  Elle diffère de la croix drille car elle n'a pas la charnière charactéristique en forme de V de ce dernière.

 


croix de Caen en argent et strass exposée
à la
musée des traditions et arts normands, Martainville

 


croix de Caen en argent et strass exposée
à la musée des traditions et arts normands, Martainville, 76

 

 

La croix papillon ou croix de Flandres

 

Ces croix papillons, bien que d'origine Flamand, étaient également portées dans le nord de la France et même en Normandie entre 1770 et 1840.  En Belgique ils sont connus sous le nom "croix à la Jeannette".  Je n'ai pas encore vu une trouvée en France avec un poinçon lisible permettant d'identifier le lieu et période exacte de fabrication, bien qu'elles fussent certainement faites en Flandres.   Ces croix papillons flamands, identifiées comme provençales dans certains références, sont très différent des croix papillons provençaux, à voir dans la section Provence de ce site.



 croix papillon, c1800-1840
en or, argent et diamants

 croix papillon, c1800-1840
en or, argent et diamants

 croix papillon, c1800-1840
en or, argent et diamants

  

 

 

Colliers

bijoux normands

 

Le collier d'esclavage
 
 
 
 

collier d'esclavage
.


collier d'esclavage normand en or avec des plaques en email de Bresse
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Comme les autres bijoux normands, les spectaculaires colliers dits d’esclavage avaient une origine très simple qui a évolué rapidement au fur et à mesure que la richesse de la France augmentait.  Vers 1800 déjà les parisiennes portaient un collier formé de chaines en or reliant une ou plusieurs plaques.  Mais en Normandie le collier d'esclavage a évolué en parallèle  Il y avait d’abord une simple chaine en crin de cheval, fermée avec un petit fermoir en or en forme de plaque.  La plaque est devenue de plus en plus grande et décorative et était quelquefois émaillée avec un motif de pensée.  Le crin de cheval fut remplacé par une chaine en plaqué-or ou en or et la large plaque commençait à être portée devant le cou et non plus à l'arrière.

 

 

 

 

 

 

Collier en crin de cheval tressé avec fermoir en or

 

 


Collier en cheveux tressé avec fermoir en or
 

 

Avec l’agrandissement de la plaque il est devenu nécessaire, pour éviter qu'elle se retourne, de souder deux chaines de chaque côté de la plaque qui rejoignait la chaine principale.  L’auteur Jules Barbey d’Aurevilly, dans son livre “L’ensorcelée” publié en 1850, définit l’esclavage comme “ bijou consistant généralement en deux bracelets attachés par une chainette ». (2)

 

 


Collier dit d'esclavage, Normandie, or et émail.  Notez comment le fermoir est porté par le devant;
on peut comprendre comment Jules Barbey d’Aurevilly a pu le décrire comme "deux bracelets attaché
s par une chainette".

 

 

Cette description est très intéressant et, bien que succincte, est une bonne façon pour un homme de décrire les esclavages précoces et elle donne une explication logique pour l’origine du nom : les esclaves noirs étaient souvent entravés par un anneau ou chaine fixée autour de chaque mollet ou poignet et relié par une courte chaine.   Il a été souvent suggéré que le collier d’esclavage a pris son nom par l’état de soumission dans lequel une femme se trouvait après son mariage.  Cependant je doute que ceci soit à l’origine du nom et que les femmes de l’époque auraient accepté un tel nom pour un de leurs bijoux le plus apprécié.  Dans son excellent livre "La bijouterie français au 19ème siècle", Henri Vever ne utilise jamais le terme "esclavage", mais seulement "collier", et je n'ai pas pu déterminer où et quand le terme "esclavage" a été utilisé pour la première fois. (3)

 

  plaque fermoir en or émaillé


petit plaque fermoir en or émaillé


 plaque fermoir en or émaillé

 

La plaque unique fut remplacé rapidement par trois plaques, voire cinq, souvent très décoratives, avec jusqu’à cinq chaines les reliant entre elles, parfois émaillées.  Le collier cessa de s’ouvrir par le devant et un fermoir fut fixé sur l'arrière.  Il est possible qu'un médaillon ou qu'un jeu de chaines supplémentaires fut offert à la femme pour marquer chaque naissance d'un enfant.

 

Les bijoutiers en Normandie assemblaient les colliers d’esclavage sur commande avec les plaques gravées et émaillées, venant souvent de Bourg-en-Bresse et avec des chaines décoratives achetées au mètre auprès des fabricants parisiens.  J’ai eu plus d’une centaine de colliers d’esclavage entre mes mains et je n’en ai jamais vu deux d'identiques.

Sur les colliers d'esclavage normands les plaques étaient presque toujours ovales, agrémentées par des décors émaillés.  En revanche, dans la région de l'Auvergne, les plaques étaient souvent rectangulaires.  Les colliers d’esclavage ont été le plus populaire vers 1830-1840 avant d'évoluer vers les colliers draperie, plus sobre et facile à porter.

 

 

 

 

 

 

carte postale ancienne avec bonnet rond et collier d'esclavage

 


Il est prétendu dans certains ouvrages qu'un collier d'esclavage pouvait coûter jusqu'à mille francs voire le prix de deux vaches.  Ce qui est tout à fait impossible.  Bien qu'un collier d'esclavage en or fût un bijou onéreux et pas à la portée de tout le monde, mille francs est une somme trop considérable pour un tel bijou. Ces colliers sont très légers et pèsent entre cinq et vingt-cinq grammes d'or en dix-huit carats.  Les pièces Napoléon contiennent 6.4 grammes d'or à vingt-deux carats et ont circulé à leur valeur faciale de vingt francs jusqu'à la première guerre et le coût pour transformer un ou deux Napoléons en un collier est bien moindre que mille francs.  Marguerite Bruneau dans son excellent ouvrage Histoire du costume populaire en Normandie parle d'un collier d'esclavage de quinze grammes expertisé à trente-deux francs en 1832 à Saint Lô. (4)


collier dit d'esclavage,
Normandie, or et emaux de Bresse

 

 

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collier dit d'esclavage,
Normandie, or et emaux de Bresse

 


collier dit d'esclavage, Normandie, or et email
motif de chien (pour symboliser le fidélité) devant deux cœurs enflammées sur un autel
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détail d'une plaque (2X)
 
détail du fermoir (2X)
 
détail d'une plaque  (2X)

 

 

 


collier dit d'esclavage, Normandie, or et email, Rouen 1809-1819
motif de deux tourtereaux
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détail de la plaque centrale (2X)

 

 


détail du collier dit d'esclavage,
"je vous M"

collier dit d'esclavage, Normandie, or et email

détail du collier dit d'esclavage,
"pensée (pensez) à moi"

 

 

 


collier dit d'esclavage, Normandie, or et email
"Unis pour la vie"
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détail de plaque centrale

 

 


Collier dit d'esclavage, Normandie,
or et email.  La plaque centrale est un fermoir


Collier dit d'esclavage, Normandie,
or, strass et emaux de Bresse

 

 


collier dit d'esclavage, Normandie, or et email Bressan

 

 


collier dit d'esclavage, Normandie, or et email Bressan
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Les colliers d'esclavage étaient souvent fermés par un fermoir-plaque émaillé, et on trouve occasionnellement de simples chaines avec pour seule décoration le fermoir émaillé.  On pense qu'ils étaient des précurseurs de colliers plus travaillés ou qu’ils étaient portés par des femmes moins fortunées, ce qui est certainement vrai.  Mais n'est-il pas également envisageable qu'ils pouvaient être offerts à des femmes lors de leur mariage avec l'intention d'ajouter des plaques et chaines pour faire des vrais colliers d'esclavages pour la naissance des enfants ou quand les finances le permettait?  Les revers de fortune ou l'absence de naissances peuvent alors expliquer pourquoi certains sont arrivés jusqu'à nous intacts.

 

 


collier normand avec fermoir-plaque emaillé avec motif de pensée
(notez les trous supplémentaires)

 

 


collier normand avec fermoir-plaque emaillé avec motif de pensée

 

 

 

Le collier d'Yvetot

 

Les colliers d'Yvetot, nommé après une bourgade prospère près de Rouen, étaient portés entre 1800 et 1840 dans l'Haute Normande, bien que toujours poinçonnées à Paris avec la faiseau de licteurs ou la tête de sanglier.

Les colliers d'Yvetot étaient souvent vendus avec une croix et un pendentif qu'on pouvait échanger selon l'occasion.  Un ruban en velours fixé aux bouts permettait le collier à être porté et rendait le collier moins cher, plus léger, plus confortable et réduisait probablement l'usure sur le col de la robe.  Quand les colliers d'Yvetot se sont démodés, ils étaient démontés et seulement les croix gardées pour être portées avec des chaines moins clinquantes.  C'est pour cette raison que les colliers d'Yvetot complètes sont assez rares de nos jours.   On les trouve aujourd'hui aussi souvent dans les salles des ventes de Paris qu'en Normandie donc il est possible qu'ils étaient également portés à Paris.

bijoux normands


 collier d'Yvetot, argent et strass

ijoux nor

 

 


 collier d'Yvetot, argent et strass
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 collier d'Yvetot, argent et strass sur ruban

 

 


 collier d'Yvetot, argent et strass

 

 


 collier d'Yvetot, argent et strass

 


croix d'Yvetot, or et strass

 

 


croix d'Yvetot, or et strass

croix d'Yvetot, or et strass

bijoux normands anciens

 

 

         
parure de bijoux en argent accompagnant collier d'Yvetot sur ruban velours ci-dessus

 

 

 


 collier faisant parure avec une croix bosse, argent

 

bijoux normands anciens

Pendentifs

 

Pendentif Saint Esprit normand
 

Ces pendentifs Saint Esprit, typique de la Normandie, ont un motif d’une colombe volant tête en bas et portant un rameau d’olivier ou, plus rarement, une grappe de raisins dans son bec.  On voit quelquefois d’autres petits oiseaux bequetant les olives ou raisins.  Les Saint Esprit normands sont généralement fait en argent, serties de strass, et sont plus rare en or.  Les anciens Saint Esprits étaient très simples et petits, en argent sertie de quelques strass, cependant ils sont rapidement évolués en larges pendentifs très élaborés et sertie avec une centaine de strass.  Certains historiens disent que les Saint Esprits ont été portés par des Protestants et les croix par des Catholiques, d'autres disent que ce n'est pas vrai.  Aujourd'hui il est difficile de connaitre la vérité.........

bijoux normands anciens

Saint Esprit normand en argent et strass


Saint Esprit normand, or et strass

Saint Esprit normand, or et strass

Saint Esprit normand, or et strass

Saint Esprit normand, or et strass

bijoux normands anciens

Saint Esprit normand en argent et strass

 


Saint Esprit normand, argent et strass

 


Saint Esprit normand, argent et strass

 

 

bijoux normands anciens

Saint Esprit normand en argent et strass

 
Saint Esprit normand en argent et strass

 

bijoux normands anciens

Saint Esprit normand en argent et strass

 
Saint Esprit normand en or et strass, recto
 
Saint Esprit normand en or et strass, verso
 

 

 

Saint Esprit normand en argent et strass

 

 

 

 

 


Saint Esprit normand en or et strass

 

 

 

 



Saint Esprit normand en argent et strass

 


Saint Esprit normand en or et strass

bijoux normands anciens

Saint Esprit normand

en argent et strass

 


très grand Saint Esprit normand en or et strass
recto

 


très grand Saint Esprit normand en or et strass,
verso

 

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bijoux normands anciens

Saint Esprit normand

saint-esprit-bijoux-normands-or-6511en argent et strass


Saint Esprit normand
en or et strass


Saint Esprit normand
en or et strass

 

Saint Esprit normand
en argent et strass
(un oiseau manquant)

 

 

bijoux normands anciens

Saint Esprit normand en argent et strass


Saint Esprit normand
en or et strass
1809-1819

Saint Esprit normand
en or et strass

 

grande Saint Esprit normand
en or et strass
1809-1819

bi

Saint Esprit normand en argent et strass

                
grand pendentif Saint Esprit normand en argent et strass

 

 

 

Le pendentif Vlaamse Hart

 

Les pendentifs Vlaamse Hart sont nés à Anvers vers la fin du 18ème siècle et sont faits en argent sur or, sertis de diamants roses. Les pluparts ont été fabriqué entre 1800 et 1850.   Sur 38 exemples dans les trésors des églises d'Anvers, 10 sont dépourvu de poinçons, 6 sont de Belgique de sud, 14 de Mechelen, 7 d'Anvers et un de Gent.  “Vlaamse Hart” se traduit par “cœur flamand” et les pendentifs représentent le cœur de Marie.  Il existe deux sortes de Vlaamse Hart: un est représenté par une simple couronne de fleurs sur la partie supérieure et était souvent offert pour la fête des mères, tandis que l’autre, qui était offert comme gage d’amour, est décoré avec un arc, un carquois de flèches, une torche brulante et parfois des branches.  Les Vlaamse Hart étaient souvent portés dans le nord de la France et j’ai même rencontrés plusieurs exemples en Normandie.  (Il convient de se rappeler que la Belgique était une province française entre 1793 et 1815)  1

 

 


Pendentif Vlaamse hart en or, argent et diamants

 
 
Pendentif Vlaamse hart en argent et diamants
avec attributs d'amour
 
Pendentif Vlaamse hart en or, argent et diamants
avec attributs d'amour (diamant central manquant)

 

 

 

 


pendentif normand en or et email
quelqufois suspendus à des colliers d'esclavage mais souvent seuls, j'ai trouvé ces pendentifs exclusivement en Normandie


 

 
bijoux norma

 

(1)   MASSON SAINT-AMAND, Armand Claude, Mémoire statistique du département de l'Eure, adressé au ministre de l'Intérieur d'après ses instructions par M. Masson Saint-Amand, préfet de ce département, publié par ordre du gouvernement.  A Paris, de l'imprimerie impériale, an XIII (rapport basé sur des observations faits en 1801, publié en 1805)

(2)   POULENC, Monique & MARGERIE, Anne-Michèle., Les bijoux traditionnels français, Musée des arts et traditions populaires, RMN, 2005

(3)   BOURET, Brigitte., Bijoux et orfèvres en Haute Normandie au XIX siècle, Musées départementaux de Seine Maritime, 1993

(4)   BRUNEAU, Marguerite., Histoire du costume populaire en Normandie, Cercle d'action et d'études normandes, 1983

(5)   Société Historique et Archéologique de l'Orne; janvier 1918,  "Le diamant d'Alençon se trouvait dans les carrières de granite de Beauséjour, de la Cette, de la Butte du Pont-Percé, du Pont-Percé et de la Galochère, toutes situées sur la commune de Condé-sur-Sarth, la première à 1.500 mètres, les autres à 4 kilomètres d'Alençon.  Les carrières de Hertré, également sur Condé......n'ont pas fourni de diamants, bien qu'elles soient citées par plusieurs auteurs.  Source Gallica

(6)   SCARRON, Paul., Le Roman Comique, 1651.  Souce Gallica

(7)   PERRY, Jane., The Victorian passion for peasant jewellery, Jewellery studies, volume 12, 2012

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